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8 avril 2011 5 08 /04 /avril /2011 11:04

 Voici un conte court  publié il y a quelques mois déjà. je sais que les textes longs rebutent mais c'est un écrit qui me tient à coeur. Hier, jenny a laissé hier pour la première fois un commentaire et j'ai eu envie de faire remonter ce texte et de vous l'offrir à nouveau. En espérant que vous l'apprécierez, si vous prenez le temps de le lire...merci :-)

   

 

    Le silence régnait dans la maison et dans le coeur du petit garçon. Recroquevillé sous l'escalier, Thibaud essayait de lui échapper. Depuis quelques jours, l'endroit était devenu son refuge, petit coin retiré à l'abri de tous leurs discours, leurs tristes subterfuges. A 8 ans, on est bien assez grand pour réaliser l'absence et le manque, pourquoi alors les adultes cachaient-ils leurs larmes sous des airs de saltimbanques ?


     Son grand-père était parti...loin des siens, pour rejoindre le Paradis... Enfin c'est ce qu'on lui avait dit ! Mais c'était où, ça, le Paradis ? Et pourquoi tant de mascarades , de faux-semblants, de dérobades ? Il avait saisi quelques mots au vol, quand les adultes le pensaient hors de portée de leurs paroles...Le silence envahissait aussi leur tête, leur coeur n'était plus à la fête, tous affichaient une mine défaite.


     Pelotonné sous son escalier, Thibaud pleurait. Il avait compris qu'il ne le verrait plus, que les courses poursuites et les fou-rires avaient disparus. Il ne sentirait plus sa joue piquante pressée contre la sienne, ni son odeur de menthe dégagée par ses bonbons à l'ancienne. Aujourd'hui le manque de sa présence était plus vif encore que les jours précédents et les sanglots secouaient son corps de désespérance. Thibaud s'endormit, fatigué par tant de souffrance.


     La tête posée sur ses genoux qu'il enserrait de ses bras, il entendit soudain un tintement semblant crever le silence avec fracas. Levant les yeux, il découvrit au-travers de ses larmes un éclat vif et scintillant d'où semblait émaner l'étrange tintement. Quand on a 8 ans et qu'on est un petit garçon, on ne reste pas insensible à la magie d'une telle apparition...L'éclatante lumière se mit en mouvement, semblant inciter le garçon à suivre son cheminement.


     Maintenant poussé par la curiosité, Thibaud traversait la maison à la suite de la lumière enchantée. Les adultes, trop occupés à faire semblant, ne remarquèrent pas la présence insolite du doux scintillement. Parvenu à l'entrée du grenier, la lumière stoppa net et Thibaud vit une porte apparaître là où d'ordinaire ne se trouvaient que de vieilles fenêtres. Pas du tout inquiet et rassuré par la clarté qui en émanait, il poussa la porte qui s'ouvrit sur une pièce aux volets fermés.


     Un peu désorienté par l'obscurité, Thibaud hésitait à avancer, mais son esprit de petit garçon pris le pas sur ce que lui dictait sa raison et, comme dans un rêve, se vit ouvrir tout grand les volets aux couleurs passées. Ce qu'il contempla alors le laissa sans voix : devant lui se dressait une immense prairie dans laquelle dansaient une myriade de lumières semblables à celle qu'il avait suivie. Et c'est alors qu'il entendit la musique...


    Emerveillé par ce spectacle hors du commun, le garçon se retrouva, sans bien savoir comment, au milieu de la prairie imprégnée d'un parfum qu'il connaissait bien... Il lui sembla également reconnaître une voix qui le guida à travers l'océan de verdure et de lumières avec une bienveillance qui lui parût coutumière...


     Ses pas le portèrent jusqu'au sein d'une clairière baignée d'une clarté tamisée. Ici la musique était plus douce et Thibaud percevait des mots chuchotés. Lentement ses sens s'accoutumèrent à ce nouvel environnement et ce qu'il vit le saisit d'étonnement : au coeur de ce ballet désordonné trônait un arbre gigantesque aux branches irisées. La voix familière perçue un peu plus tôt retentit alors aux oreilles de Thibaud.

C'était bien celle de son grand-père dont il pleurait l'absence. Du sein de cette lumière il lui conta sa nouvelle existence. C'était au coeur de ce monde que les âmes vivaient, chaque lumière était un souvenir de l'être disparu et aimé. L'arbre se nourrissait de la chaleur de ces pensées et en retour offrait aux âmes ce havre de tranquillité. Chaque personne disparue de ce monde vivait là-bas tant que ceux qui la chérissaient pensaient à lui ici-bas. Thibaud comprit que son grand-père pouvait encore vivre en lui, tant qu'il se le remémorerait, l'aïeul ferait partie de sa vie.


     Le garçon eut soudain un sursaut, de très loin il entendait des voix qui l'appelaient : « Thibaud, Thibaud ». Quand il ouvrît les yeux la clairière avait disparue, à sa place l'escalier sous lequel il s'était reclus. Etait-ce juste un rêve ou l'avait-il vraiment vue ? Thibaud se leva pour rejoindre sa mère qui l'appelait, l'esprit encore confus et le coeur lourd d'avoir seulement rêvé... C'est alors qu'il entendit cette musique qu'il reconnaîtrait maintenant entre toutes et il sut que tout était vrai, sans aucun doute...

 

monticule-des-ames

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commentaires

Finouche 21/06/2011 16:52


Tu sais que celui-ci m'a fait pleurer. Tu as touché une corde sensible, ayant moi aussi perdu mon grand-père à l'âge de 8ans. Je ressent tellement ce qu'a du ressentir ce petit garçon de ce compte!
C'est écrit si vrai, si bien... Mais il faut peut-être préciser que moi.. j'y crois à tout ça...


Magalune 21/06/2011 17:57



On a tous envie/besoin de croire que ceux que l'on aime sont encore quelque part, à veiller sur nous. En tout cas merci de venir ici et de prendre le temps de laisser des com :-)



Okonawa Satoshi 17/04/2011 16:15


Je t'avais promis de passer sur ton blog. Il y avait longtemps que je n'avais pas lu ce texte-ci. J'ai l'impression que tu l'as étoffé depuis ma première lecture. Tu connais mon avis : j'adore !


Magalune 17/04/2011 20:25



Merci de ton passage, ça me fait plaisir de t'accueillir ici :-) je t'enverrai l'autre conte quand je l'aurai terminé !


bisous



Roselyne 14/04/2011 22:01


J'ai lu avec émotion cette très belle histoire. Il est réconfortant de se dire que les personnes disparues continuent de vivre quelque part. Une chose est certaine, elles continuent de vivre dans
le coeur des personnes pour qui elles ont compté. Merci pour ce très beau partage. Douce nuit.


Magalune 14/04/2011 22:10



Elles vivent dans nos souvenir et dans nos coeurs ça c'est certain. Pour le reste, on aime  à imaginer qu'elles sont en paix quelque part mais il nous faudra attendre pour savoir ce qu'il en
est vraiment.


merci de ton passage ici, belle nuit à toi également :-)



Reinette 14/04/2011 20:18


si intéressant qu'on ne pense pas à la longueur. de plus il n'est si long.
un plaisir de te lire
bonne soirée


Magalune 14/04/2011 21:41



Merci beaucoup. ça me fait vraiment plaisir d'avoir quelques retours sur ce texte que j'aime beaucoup. mais ce n'est pas parce qu'on aime qu'on aprvient à faire passer une émotion. Donc merci
d'avoir pris du temps pour faire un retour :-)



Eglantine-Lilas 11/04/2011 19:10


Bienvenue dans la communauté de Croqueurs de mots,

Miss Coquille, « vétérante » de la communauté !


Magalune 12/04/2011 21:05



Merci à toi :-)



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