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23 janvier 2012 1 23 /01 /janvier /2012 08:00

 le-defi

 

Pour ce nouveau défi, je fais remonter un texte que j'ai écrit il y a quelques années, pour un concours dont le thème était "Ego métaphorique". Il traduit assez bien qui je suis, cet écrit là est un vériatble morceau de moi-même, sans faux-semblant. C'est en tout cas qui j'étais jusqu'à il y a peu. Ecrire un autoportrait aujourd'hui aurait été trop lugubre

 

 

Au coeur de la maison ou dans un coin de la pièce, je suis avec envie la vie qui s'enfuit. Au rythme du balancier, pulsations de mon coeur, tout un monde s'agite, tant de mots qui s'ébruitent. A peine conscient de mon existence, tenue pour évidente, le monde avance en cadence, guidé par le doux ronronnement de ma discrète présence.


 

Les enfants se cachent en mon sein, voient en moi une alliée rassurante dont l' ombre enveloppante les apaise, tandis que les adultes me consultent machinalement, se demandant discrètement quels peuvent être mes sentiments. Je recueille les larmes, les rires et les confidences de tout un chacun, oreille attentive toujours là au moment opportun. J'habite le silence des inquiets, je remplis celui des angoissés, soulage enfin celui des âmes tourmentées. Pour ceux qui savent entendre, pour ceux qui peuvent comprendre, le rythme immuable de mon balancement est un baume sur les blessures, des paroles qui les rassurent. Imperturbable en apparence, j'accueille tous les espoirs, accompagne toutes les danses, fais de mon mieux pour alléger les souffrances.


 

Mais personne ne se doute que derrière cette composition, je suis pleine de contradictions. On voit en moi une force tranquille, beaucoup de gens me croient insensible. Pourtant je suis loin d'être épargnée par les tourments, mon coeur rate un battement, une minute se perd sur le cadran. Alors quand la douleur se fait trop forte, quand les mots et les maux se bousculent à ma porte, que le mécanisme montre des signes de faiblesses, que les aiguilles n'indiquent plus la bonne heure, on entend mon cri résonner dans toute la maison. Ce n'est pas l'heure que je vous indique, cette clameur qui retentit, c'est simplement le bruit de mon coeur meurtri.


 

montre gousset

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Published by laplumedemagalune.over-blog.com - dans prose
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commentaires

Jeanne Fadosi 26/01/2012 17:37

je passe doucement sans faire de bruit. Un très beau texte, dans lequel beaucoup vont se reconnaître. J'espère que tu as quand même de quoi poser tes bagages de douleurs ... pas facile c'est vrai
quand on a donné l'habitude d'être forte, non par orgueil mais par désir de ne pas encombrer ...
le temps rajoute à cette pesanteur. J'espère qu'il te permettra aussi de dépasser ce ras-le-bol
Amicalement

Magalune 26/01/2012 21:29



les porteurs de bagages ne sont plus ce qu'ils sont de nos jours :-) c'est une tendance qui se perd, je dois donc me prendre en charge seule.


Merci pour ce commentaire et ton passage ici :-)


Amitiés



fanfan 24/01/2012 20:35

un très beau portrait tout en nuances .
On devine une personne au grand coeur qui s'oublie pour les autres et qui renferme des peines que les autres ne prennent pas le temps de voir ...

Magalune 26/01/2012 21:27



Merci d'être passée ici :-)



les mots écrits de Jonas D. 24/01/2012 16:46

C'est un beau texte qui révèle bien ton humanité avec ses contradictions. C'est bien de soulever la valise d'un(e) autre, mais as-tu trouvé qui portera la tienne ? Bises.

Jonas

Magalune 24/01/2012 17:36



Quand on porte celle des autres, on doit souvent porter la sienne toute seule...ce qui est plus que jamais le cas pour moi. C'est...pesant (sans mauvais jeu de mots :-p)


Bises Jonas



m'annette 24/01/2012 14:08

c'est magnifique!
La sempiternelle différence entre ce que nous sommes (ou croyons être) et ce que nous donnons à voir..
Qui peut se targuer de "se ressembler"???
Bonne journée

Magalune 24/01/2012 17:37



personne je crois ne donne à voir ce qu'il est vraiment, ou alors en présence de si peu de gens...et encore !


Belle journée, merci d'être passée



Suzâme 24/01/2012 08:47

Bonjour,
Je viens pour la première fois chez toi, te découvre par ce texte d'une profondeur qui me trouble. Je l'emporte pour la journée. Il est dans ma tête et je le relirai à mon retour. Très beau. Il
donne envie de te connaître, de te suivre, de te poursuivre avec les ailes de l'amitié. Suzâme

Magalune 24/01/2012 17:38



C'est un très beau commentaire, je te remercie. Finalement je suis heureuse que ce soit le premier texte que tu aies lu de moi, c'est un de ceux que je préfère :-)


merci beaucoup


Amitiés



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